"Il taloche, gratouille, arrache, efface et superpose : le bois dans les mains de Jean-Luc Turlure devient émail, vitrail, laque. Arabesques flamboyantes et calligraphies bigarrées, les traces et recoins de matières animent des reflets et des semblants de visages parfois vaguement ébauchés, souvent imbriqués et redessinés. Ce n'est pas un travail classique qui nous est proposé, mais la finalité même du processus de mixage matière-couleur, sa magie, le néo-Carl ORFF - Turlure nous propose les scènes et masques d'aspect moyenâgeux de son moderne folklore. L'artiste nous donne en un tour de main le sens du rêve, le déclic de l'évasion gothique. Il nous invite à vivre un voyage intemporel et sacré." Pierre Restany pour l'exposition "Mythes et Civilisations". "Dans certaines traditions orientales, une illumination peut sourdre de la merveille procurée par la forme, la couleur, la texture ou le graphisme d'une racine noueuse, d'une roche, d'une pierre perforée ou veinée. Comme certaines œuvres de Jean-Luc Turlure, elles ressemblent à une montagne, à un abîme, à une caverne. Elles résument l'étendue, elles condensent la durée. Elles sont objets de longues rêveries, de méditations, d'hypnose. Elles sont support d'extase, moyen de communication avec le monde naturel. Le sage les contemple, s'y aventure et s'y égare : il s'y abîme. La légende veut qu'il ne revienne pas alors dans l'univers humain. Entré dans le séjour des immortels, il est devenu Immortel lui-même." Roger Caillois de l'Académie française. |