Patrice Bucher, artiste ou... charlatan ? Tout artiste a la tentation, à un moment ou à un autre de son existence artistique, de traduire en émotions, en vibrations et en visions les mondes dans lesquels il vit. Il ne s’agit pas seulement de “l’écorce matérielle des choses” - qu’il parcourt inlassablement de son regard “éveillé” et totalement subjectif -, mais aussi de ses paysages intérieurs les plus intimes, acceptant par-là même, (et bien au-delà d’une oeuvre ou d’un “travail réalisé”), le regard de l’autre dans ce qu’il a de plus impudique.
De la fin probable d’une civilisation à ses désastres plus personnels mais aussi aux “états lumineux de l’âme”-, Patrice Bucher peint, construit, filme, triture, “ordinateure” sans relâche et sans remords. Le monde qu’il nous fait découvrir est mêlé d’angoisses ou de lumières, selon l’instant, jamais prémédité, mais toujours SAISI. Sérénité ou abîme ? Mais Patrice Bucher ne se contente pas de peindre. Il est aussi plasticien étrange.
En témoigne son Arboretum Delirium Tremens qu'il a planté à l’occasion de son atelier ouvert 2006 tout le mois de mai en plein milieu du gazon : vision paranormale de végétaux en polystyrène et fils de fer en mouvements permanents. Il y a aussi ce délire plastique où il a crée de petits “bidules” qu'il prétend être des objets funéraires des Celtes Bleus de la vallée du Rhin (3500 av. J.C.). Et encore : ses créations numériques et ses photos abstraites dont il a tiré un film qu'il nous présentera en 2007 comme installation en le projetant sur un tissu blanc en mouvement. Et aussi... Mais ça, c'est déjà une autre histoire ! |